vendredi 16 novembre 2012

Mariage gay : Vallaud-Belkacem condamne «le dérapage» de l'UOIF



La porte-parole du  Naja Vallaud-Belkacem a dénoncé jeudi le «dérapage» de l'Union des organisations islamiques de  (UOIF), qui a mis en garde contre un «risque de zoophilie» si le mariage entre homosexuels est légalisé. «Les propos de l'UOIF sont évidemment un dérapage, une violence langagière terrible pour les principaux intéressés mais pas seulement, pour la société tout entière», a déclaré Mme Vallaud-Belkacem sur BFMTV/RMC






La porte-parole du gouvernement Naja Vallaud-Belkacem a dénoncé jeudi le «dérapage» de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), qui a mis en garde contre un «risque de zoophilie» si le mariage entre homosexuels est légalisé.

La porte-parole du gouvernement Naja Vallaud-Belkacem a dénoncé jeudi le «dérapage» de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), qui a mis en garde contre un «risque de zoophilie» si le mariage entre homosexuels est légalisé. | LP/MATTHIEU DE MARTIGNAC





Elle a toutefois précisé, «pour rétablir une forme de vérité et d'équilibre», qu'elle avait aussi «entendu des musulmans appeler à bien respecter la distinction entre ce qui est religieux et ce qui relève du civil, bien respecter la laïcité dans ce pays».

Le mariage homosexuel toujours au coeur des débats
L'UOIF a rappelé sur son site  son opposition au mariage gay, en mettant en garde contre les conséquences que pourrait selon elle avoir sa légalisation. «Si le mariage entre deux personnes de même sexe devient une norme, alors toutes les revendications, même les plus incongrues peuvent, un jour, devenir une norme, au nom du même principe d'égalité», écrit l'organisation, proche des Frères musulmans. «Qui pourra délégitimer la zoophilie, la polyandrie, au nom du sacro-saint amour ?», poursuit-elle.

Le sénateur de l'Essonne Serge Dassault avait lui aussi dérapé début novembre, en répondant à une question sur le mariage pour les couples homosexuels. Alors qu'il était interrogé sur le projet de loi sur le mariage pour les couples homosexuels, le sénateur de 87 ans, a proposé une curieuse relecture de l'histoire de la Grèce antique : «On veut un pays d'homos ? Dans dix ans y'a plus personne, c'est stupide», avait-t-il affirmé dans un entretien enregistré par France Culture et repéré par le Lab d'Europe1.





Islam et « mariage pour tous »: l’UOIF met en garde contre la « zoophilie et la polyandrie »

Dans un long texte publié le 13 novembre sur son site, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) apporte sa contribution au débat sur le "mariage pour tous". Sans surprise, comme l'ensemble des représentants des monothéismes qui se sont exprimés sur ce sujet, "l'instance religieuse" s'oppose au projet de loi qui va, selon ses responsables, à l'encontre du "couple, constitué d'un homme et d'une femme, l'unité de base de l'organisation et de la vie humaine". L'UOIF défend en revanche "la préservation de la filiation et le droit de l'enfant à connaitre ses origines et l'identité de ses parents".
Puis reprenant l'argument, notamment utilisé par l'Eglise catholique selon lequel le mariage n'est pas seulement "la célébration de l'amour", l'UOIF va plus loin que le cardinal Philippe Barbarin, qui, en septembre, avait laissé entendre que le "mariage pour tous" pourrait à terme déboucher sur l'inceste ou la polygamie. Pour l'UOIF, la légalisation du mariage entre deux personnes du même sexe pourrait "légitimer les revendications les plus incongrues au nom du principe d'égalité". "Qui pourra délégitimer la zoophilie, la polyandrie au nom du sacro-saint amour?", s'interrogent donc ses responsables, qui s'abstiennent en revanche de toute allusion à la polygamie, qui  inclut la polygynie, le mariage d'un homme avec plusieurs femmes, pratique toujours autorisée par certains courants de l'islam.
A l'instar du grand rabbin de France, Gilles Bernheim et du président du Conseil français du culte musulman, Mohammed Moussaoui, l'UOIF met enfin en avant le caractère "marginal", d'un point de vue quantitatif,  de la revendication pour le mariage entre homosexuels, évaluant à "300 000" le nombre de personnes concernées.
Des musulmans à la manifestation de samedi
Dès septembre, M.Moussaoui avait fait part de son opposition et de ses interrogations (ici) au "mariage pour tous" ; il a précisé sa pensée, le 6 novembre, reprenant en grande partie les arguments des autres cultes monothéistes. Dans ce texte, il insiste en outre sur  "le principe de laïcité qui tient compte de la diversité et de la pluralité des religions et des convictions au sein de notre société. Nous sommes conscients que les règles et les normes d’une religion ne peuvent être mises en avant pour s’opposer ou se soustraire aux normes et aux règles de la République qui s’appliquent à tous". Mais défend-il, "ces règles républicaines doivent être le résultat de débats et de choix démocratiques ouverts à tous les citoyens quelles que soient leurs conditions ou leurs convictions".
Par ailleurs, le recteur de la grande mosquée de Lyon, Kamel Kabtane appelle les fidèles musulmans à rejoindre la manifestation anti-"mariage pour tous", prévue samedi 17, à Lyon, comme dans d'autres villes de France, à l'initiative de plusieurs associations catholiques et non confessionnelles. Appeler à manifester sur un sujet de société, non directement lié à l'islam, est "une première", nous indique le religieux, qui souhaite "montrer la présence des musulmans aux côtés de ceux qui s'opposent au mariage pour tous". Cet appel a été relayé dans plusieurs mosquées de la région lyonnaise.

droit de reponse .


L’Union des Organisations Islamiques de France souhaite revenir sur l’article de Stéphanie Le Bars dans « Le Monde Blog » publié en date du 14 Novembre 2012.

L’homophobie, comme nous l’avons bien précisé dans notre texte « est condamnée par tous » et « nous la condamnons fermement ». Dans la même optique nous avons également rappelé qu’ « Il n’était pas non plus ici question de se prononcer en faveur ou contre l’homosexualité, puisque tout individu a le droit de mener sa vie privée comme il l’entend ».

Les homosexuels sont avant tout des hommes et des femmes qui ont le droit au respect comme tout un chacun. Notre position concernait exclusivement le mariage et l’adoption.
En aucun cas il y eut intention ou volonté de notre part, de comparer, de dénigrer ou de mépriser, quelque personne que ce soit.

L’Union des Organisations Islamiques de France a simplement souhaité « dans un souci d’œuvrer pour l’intérêt général, à participer à ce débat, à partager sa réflexion et à exprimer sa position sur la question » tout en rappelant que nous devions, tous, nous appliquer « à mener nos débats dans l’écoute mutuelle, la volonté du consensus et la recherche du bien commun ».

Les propos repris ont tout simplement été décontextualisés et dénaturés.

La formulation « Si le mariage entre deux personnes de même sexe devenait une norme, alors où s’arrêteront les revendications ? Les plus incongrues peuvent, un jour, être légitimées au nom du même principe d’égalité. Qui pourra délégitimer la zoophilie, la polyandrie, au nom du sacro-saintamour ? », a été employée sous la forme d’un raisonnement logique par apagogie.

Il ne s’agissait pas, ici, de faire une comparaison entre l’homosexualité et la zoophilie, ni de « mettre en garde », comme l’a indiqué Stéphanie Le Bars, « contre la zoophilie ou la polyandrie ».
Ces propos repris, que nous entendons ici et là, nous choquent également et profondément. Il suffit de relire notre propos dans sa totalité pour se rendre compte de la bévue du titre et de l’insinuation qui s’est distillée dans les différentes reprises qui en étaient faites.

L’idée soutenue était, qu’il n’était pas souhaitable de légitimer, sous prétexte d’égalité ou d’amour, des revendications qui modifieraient irréversiblement les structures familiales de notre société.

Il est évident que les revendications incongrues impliquent également la polygamie, la polyandriel’objectophilie, l’inceste… mais il ne s’agissait pas non plus d’en faire une liste détaillée, parce que le sens de notre propos devait avoir, pour nous, plus d’importance que l’établissement minutieux de celle-ci.

Nous regrettons que sur toute une réflexion, certaines parties seulement de nos propos aient été repris,instrumentalisés et accentué tandis que d’autres ont été minorées. 

Nous souhaitons sincèrement que ce débat se déroule dans le respect, l’échange et la construction.

Enfin, l’UOIF dénonce quotidiennement toutes les formes de discrimination et ne saurait légitimer quelque haine ou stigmatisation que ce soit. 

La Courneuve, le 15 Novembre 2012
L’Union des Organisations Islamiques de France


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